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Pologne, Katowice / Entre-sol de la gare, centre de la ville / Joli mois de mai, méchantes inondations

Impres sions (extraits de correspondance mail):

Pays qui n'a pas beaucoup de voyelle

Rencontre Marta, quatre femmes autour d'une table dont trois ont le même prénom

Il râle contre le soleil parce qu'il est russe et préfère la neige .

Mr. polonais, mal à l'aise avec la parole, touche son interlocuteur. Je suis résolument française, même si je sais que ce contact dis autant que les mots, j'ai du mal à recevoir et à répondre à cette parole muette.

Passé beaucoup de temps avec des espagnols, surréaliste, en plein milieu de la lecture du « Manuscrit trouvé à Saragosse », Jean Potocki.

Je me réveille en pire état que je ne me suis couchée. J'ai mauvaise mine et je n'arrive plus à parler quelque langue que ce soit. Une sueur froide me dégouline dans le dos, ma transpiration est acide et me dérange, je voudrais juste ne plus être là, à ne pas savoir quoi faire de ce corps traître.

Complicité indulgente sur les questions existentielles et les réponses de chacun importent peu.

Cette ville rassemble plein de bout d'enfance : la langue, l'odeur du charbon, les murs noirs, des bouquinistes qui sentent la bibliothèque de mon grand père....

Magasins de vêtements de seconde main, çà me fait bizarre d'être de l'autre côté. C'est comme si j'achetai mes poubelles d'hier. On vend nos poubelles à la Pologne qui vend les siennes à l'Inde qui nous vend les neufs.

Fin 19ème, Photographies stéréoscopiques de mariés. Années 50, femmes cônes avec des rubans et des couronnes de buis conservées dans des cadres sophistiqués dont certains trompent l'usure avec une peinture verte chimique.

Cimetière: jungles de bougies, de fleurs en plastiques décolorées et d'herbe pas tondue.

Les flaques sont énormes parce qu'ils creusent des mines de façon un peu anarchique, sans tenir compte de ce qu'il y a dessus, la chaussée s'affaisse, nids de poules taille autruche.

Les mines. Autoroutes, tours, tuyaux, cheminées, rails. Peinture naïves de mineurs, femmes nues, épilation intégrale, Sainte Barbe noire, sur fond de quartier multicolore. Mal de tête, c'est le charbon, l'industrie libère des gaz dans l'atmosphère mais quand la pression change, ils restent coincé au sol. Près des mines, la terre est inexistante, tout est noir. Sauf le muguet qui pousse super bien à côté des semi-remorques. C'est pas franchement une zone thermale. A tel point qu'ils ont enfouis la rivière .

Depuis mon arrivée, pluies torrentielles. Les connexions internet sont interrompues quelques jours, les avions bloqués, Oświęcim fermé, deux jours à Wrocław , il a plu en deux jours les précipitations de deux mois, une tension inquiétante et palpable malgré les premières chaleurs.

 

Choix de la carte:

Bien que j'ai acquis quelques cartes de la période contemporaines imprimée à l'époque communiste, j'ai opté pour une reproduction noir et blanc d'un scan d'une carte de 1926 fournie par les archives de la ville. Pour me faire une idée de la géographie, j'ai cherché des cartes en brocantes et suis allé à la bibliothèque Slaska, qui rassemble toutes les archives régionales. Sur place deux aimables archivistes ont entrepris de m'expliquer en anglais ou en français les tribulations régionales.

Je me rend compte à quel point leur histoire est liée à la notre. Et pourtant elle m'est inconnue probablement que les années de communisme l'ont rendue exotique. Je ne prétend donc pas avoir tous compris, surtout que cette région a peut-être une histoire encore plus complexe que leur moyenne nationale. D'autre part, j'ai eu le sentiment de croiser des icebergs de culture extrêmement modestes.

Je me contenterai donc d'appuyer les raison du choix de cette carte. Début du 18ème siècle Katowice n'est qu'un hameau comparé à d'autre ville plus ancienne comme Bytom, plus au nord. Fin du siècle, c'est un centre métallurgique et minier vers où affluent des populations ouvrières. Ce n'est quand 1918 qu'est reconnue la république de Pologne avec Pilsudski à sa tête. La Silésie est alors allemande. 1921 a lieu le « Plébiscite » la population détermine son appartenance, allemande ou polonaise. Les trois quart de la région reste allemande, Katowice passe polonaise. Ainsi la grosse partie des ressources minières restent en Pologne. 1926 me semblait alors une période prospère et plutôt enthousiasmante, malheureusement de courte durée.